Francis
Bacon décrit le projet de la modernité avec
l'énoncé « Savoir est pouvoir ».
Cette phrase et les développements des sociétés
modernes confèrent à la formation un des
plus grands espoirs pour remédier à tous
les problèmes des groupes défavorisés.
La formation constituait, et constitue encore aujourd'hui,
le moyen avec lequel les milieux défavorisés,
les femmes, les migrants, les personnes avec handicap
et d'autres « minorités »
peuvent s'émanciper et s'intégrer.
Comme
le soutient Liessmann dans son livre « Theorie
der Unbildung » ( théorie de l'inculture
), aujourd'hui la phrase. « Où
quelque chose peut à peine encore être compris,
cela doit être affirmé avec ténacité »
(Konrad Paul Liessmann, 2006), et cela vaut aussi au-delà
du contexte politique. Une affirmation est toujours suivie
par une contre-affirmation et cela se poursuit jusqu'au
moment où on ne peut plus se rappeler de la raison
de l'affirmation. Dans le contexte du travail social,
on dirait que depuis des arbres hauts, on ne voit plus
la forêt.
A
l'époque actuelle de la communication globalisée,
la soi-disante et largement propagée société
de la formation paraît toutefois muter en une société
de l'information.
Tant
qu'on ne se plonge pas dans le monde des personnes défavorisées,
il n'est pas possible d'entamer un vrai travail d'intégration.
Cela signifie de se contenter d'affirmations et de contre-affirmations
théoriques.
L'église
doit aller vers les hommes, ou mieux, nous devons aller
dans les mosquées. Si on veut que la représentation
de la société suisse, où règne
une culture de référence, soit suffisante,
il faut alors que les (sub)cultures, menacées par
la régression, demeurent dans l'échange.
Cela doit être notre préoccupation d'essayer
de comprendre les différents mondes des populations
migrantes, avant même que nous leur proposions la
possibilité de participer. |